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Kees Van Dongen

kees van dongen 1

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Kees  Van Dongen, qui  ne se voit pas intégrer l’entreprise familiale de malteri, affirme sa résistance à l’influence paternelle et entre à l’Académie Royale des Beaux Arts de Rotterdam. Il s’éloigne rapidement de l’académisme de l’enseignement donné dont les premières œuvres sont le reflet pour se rapprocher de l’esthétisme de l’Art Nouveau en créant quelques vignettes pour une revue d’art libre.

Artiste, bohème, séduit par le populaire, ses fréquentations sont couramment à la marge, avec une prédilection pour le quartier portuaire, ses bars à matelots, ses prostituées.

Paris, par sa vie intellectuelle et artistique, attire l’artiste. Van Dongen va s’y rendre avec  le prétexte d’assister aux fêtes de commémoration du 14 juillet 1997. On dit qu’il y est arrivé « pieds nus dans ses sabots ». Il va vivre misérablement dans une roulotte en accumulant les petits boulots. Ses œuvres se vendent pour une bouchée de pain à même le sol : « Cent sous, Madame ! Cent sous Monsieur ! »

Il se révèle peintre de talent des cabarets, des spectacles forains et plus tard des sujets exotiques et orientalistes au cours et à la suite de ses voyages au Maroc, en Espagne et en Egypte.

Il est peintre fasciné par le corps des femmes au visage exagérément fardé, à l’érotisme sous-jacent et l'on peut se demander si elles sont autre chose que ce qu’elles représentent. Peut-on leur imaginer une vie autre que celle suggérée par les traits de l’artiste ?

Il aime les lieux populaires, les cirques, les manèges et Montmartre. Sa notoriété s’accroit avec la reconnaissance du galeriste Ambroise Vollard. Devenu peintre mondain ses œuvres se décolorent et perdent en caractère.

Les productions de Kees Van Dongen, avant-gardiste libre, vivant mal les contraintes,  sont le reflet de sa vie, de l’évolution de sa place dans la société.

Paris-sur-Seine

Paris-sur-Seine

Paris-sur-Seine

Sous le soleil, sous la pluie, ce bout de rue, de ruelle, cette impasse, cette ouverture sur la Seine regorge de surprises pour étonner le promeneur, touriste ou résident, curieux, amateur de découvertes. L'homme pressé reste aveugle au spectacle offert. Aujourd'hui, le soleil inonde la Seine, illumine les hommes et les choses, joue avec les feuillages.

Dans ce Paris rêvé, je me réjouis, tout m'émerveille, je souris au ciel, à ce que je vois, à ce que j'entends.

Cranach et son temps, au Musée du Luxembourg à Paris

Cranach
Cranach
J'avais vu, au hasard de magazines d'art, quelques années en arrière, des reproductions d'oeuvres de Lucas Cranach l'ancien, celles-ci me plaisaient énormément. Alors, bien naturellement, lorsque le Musée du Luxembourg a proposé une exposition autour de cet artiste, je me suis rendue sur place pour découvrir la réalité de l'oeuvre.
Il est un artiste majeur de la renaissance allemande au XVIème siècle tout comme Albrecht Dürer qui doit être le plus connu de tous.
Les productions les plus facilement identifiables sont les élégantes figures féminines dénudées que l'on dit sensuelles ou érotiques, affirmation à laquelle je m'oppose. Dans leur nudité, je les vois davantage reflétant innocence et pureté tandis que celles qui sont représentées vêtues ont toutes été souillées volontairement ou non.
Lucas Cranach qui ne s'est pas limité à la représentation de ces femmes a réalisé des portraits, des scènes d'inspiration mythologique, biblique, religieuse et profane. 
Artiste reconnu, il est au service des Grands Électeurs de Saxe, en premier lieu de Frédéric Le Sage qui l'anoblit. Plusieurs fois bourgmestre, il est en même temps homme d'affaire à la tête d'une imprimerie, détenteur du monopole de la vente d'herbes, onguents et spiritueux. Il est l'un des citoyens les plus riches de Wittemberg.
Il devient l'ami de Luther et s'applique à propager la Réforme par l'image tout en gardant une clientèle catholique pour qui il réalise des peintures traditionnelles.
Lucas Cranach, toute sa vie durant, n'a pas semblé se troubler d'éventuelles contradictions. Ses multiples occupations ne l'ont pas empêché d'être un artiste très productif ; peut-être est-ce pour cette raison qu'il a quelquefois cherché l'inspiration dans les oeuvres d'autrui. Malgré cela la qualité de son travail a fait qu'il était apprécié de tous et suscite aujourd'hui un grand intérêt.

Paris VIème, pause au bistro

Odeon

Arrivée trop tôt en garde de Lyon à Paris. Les TGV n'ont pas la fréquence des métros. Direction Odéon pour gagner facilement le Musée du Luxembourg qui ouvre à dix heures.

Quelle heure est-il ? L'heure de m'installer quelque temps dans un bistro, de patienter, d'ouvrir les yeux sur cet air ensoleillé. Un regard circulaire, une hésitation vers le boulevard Saint Germain, une autre vers la rue de Condé. 

Odeon

A l'intérieur du Danton, des tables occupées, d'autres libres. J'entre.

Là, je retrouve l'atmosphère particulière de ces bistros qui ont gardé une certaine tradition. Je commande un café et un croissant. Le garçon, chemise blanche, gilet noir et noeud papillon, long tablier blanc immaculé, circule entre les tables. Quelle allure ! Il connaît son monde, le salue, serre quelques mains et remarque ceux qui ont été absents pour des vacances peut-être, ceux qui ce jour sont seuls, les changements d'habitudes. 

Cette journée intercalée dans ma vie me plait , c'est une rupture dans celle-ci et je savoure ce temps suspendu ouvert sur une ambiance du passé.

Alexandra David-Néel, La Femme aux semelles de vent

DigneADN

C'est une femme étonnante, surprenante, curieuse au-delà de l’imaginable qui n'a eu de cesse tout au long de sa vie de poursuivre son but et de vivre en conformité avec celui-ci. Les steppes, l'altitude, les neiges éternelles, la solitude, tout cela lui a été nécessaire pour vivre, ensorcelée par cet autre monde où elle a vécu dans les conditions les plus difficiles qui soient, explorer des contrées peu connues et étudier principalement la civilisation tibétaine.

Elle a été une enfant et une jeune-fille terrible, contestataire, fugueuse, anarchiste, autoritaire, individualiste pour devenir à la maturité, après avoir trouvé sa voie en peu d'années, un sage penseur. "C'est en choisissant toujours l'itinéraire le plus long avec le moyen de locomotion le moins rapide" qu'elle a entrepris ses voyages et assouvi son goût sans limites des études ethniques, philosophiques et religieuses. 

Elle a été chanteuse d'opéra mais les voyages ne l'ont pas conduite assez loin. Elle a été mariée à Philippe Néel mais les charmes de la vie conjugale n'ont pas eu raison de sa passion première. Au bout de quelques mois d'union, elle part en restant néanmoins ami avec son mari.

Partie pour quelques mois, elle ne reviendra qu'après quatorze ans après avoir parcouru l'Inde, le Sikkim (petit état himalayen), visité des monastères et dans l'un d'entre eux rencontré son fils adoptif qui la suivra tout au long de sa vie. Elle se retire dans une caverne où elle vit en ermite et reçoit un enseignement bouddhiste pour apprendre à "passer par-delà" c'est à dire arriver à la plus haute sagesse par la pratique des vertus qui ne doivent plus être réfléchis mais réflexes comme lorsqu'on retire sa main du feu. Secourir spontanément doit devenir machinal.

Elle visite le Japon, la Corée, la Chine mais c'est le Tibet qui l'attire. Fascinée par la civilisation tibétaine, elle y pénètre déguisée en mendiante, épuisée, amaigrie, heureuse d'enrichir sa quête spirituelle. Elle est la première femme à entrer dans Lhassa, ville interdite aux étrangers.

DigneADNDe retour en France, elle se se sépare de son mari et s'installe à Digne-les-Bains en 1928, elle est âgé de 59 ans et demi. Elle écrit et donne des conférences. Mais à 69 ans, elle repart pour la Chine pour étudier l'ancien taoïsme puis pour l'Inde ; elle a alors 77 ans.

Elle regagne à nouveau la France pour régler la succession de son mari. En 1950, à 82 ans, elle va camper en hiver au bord du la d'Allos ; peut-être une façon de revivre des souvenirs. Le 8 septembre 1969, au cours de sa 101ème année, elle décède alors qu'elle vient de faire renouveler son passeport à la grande suprise du préfet des Hautes Alpes. Incinérée, ses cendres ont été versées dans le Gange.

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